Un outil américain pose-t-il problème pour vos données ?
Pour qui : Votre organisation utilise un logiciel en ligne américain, ou s’apprête à en choisir un. Une direction, un client ou un acheteur vous demande si c’est permis. Vous voulez une vérification simple et savoir à quoi vous en tenir sur les recours en cours.
Non, pas du seul fait qu’il est américain. Au 5 novembre 2026, la Commission européenne liste toujours sa décision d’adéquation du 10 juillet 2023 : vos données peuvent aller sans autre outil de transfert vers une organisation américaine participant au Data Privacy Framework, le cadre auquel ces organisations adhèrent par auto-certification. Vérifiez trois points : le destinataire figure sur la liste officielle, sa fiche couvre vos entités et vos données, et vous avez prévu des clauses types en secours.
Gardez ce repli pour une raison précise. Le Tribunal a rejeté le recours contre cette décision le 3 septembre 2025, en se prononçant à la date de son adoption. Un suivi tiers signale un pourvoi devant la Cour, l’affaire C-703/25 P : nous n’avons pas pu établir où il en est au 5 novembre 2026. La Commission peut aussi suspendre, modifier ou abroger sa décision si le droit américain change.
Notre avis
Un outil américain ne pose pas de problème du seul fait de sa nationalité. Vérifiez qu’il figure sur la liste officielle, pour vos entités et vos catégories de données, et prévoyez des clauses types en secours. Cette vérification ne demande aucun logiciel et ne s’achète pas.
Pourquoi
- La décision du 10 juillet 2023 permet le transfert vers les organisations américaines participantes, sans clauses ni mesures supplémentaires.
- Ce cadre repose sur une auto-certification renouvelée chaque année : un badge sur le site de l’éditeur ne remplace pas la fiche officielle.
- Le recours a été rejeté, un pourvoi est signalé, et la Commission peut revenir sur sa décision si le droit américain change : le repli reste utile.
Ce qui change le choix
Destinataire absent de la liste ou fiche qui n’inclut pas vos données : la base change, et il vous faut un outil de l’article 46. Arrêt annulant la décision ou décision de la Commission : le repli s’active, et vos clauses en secours servent alors de point de départ à votre analyse.
L’ordre à suivre
- Destinataire sur la liste, entités et données couvertes : transfert possible sur la décision d’adéquation, avec des clauses types prévues en secours.
- Destinataire absent ou données hors périmètre : clauses types ou autre outil de l’article 46, avec analyse du transfert.
- Aucun outil possible : les dérogations de l’article 49 restent limitées à des situations particulières, cherchez plutôt un autre prestataire.
Où en est le cadre, date par date
Ce tableau s’arrête à ce que nous avons pu lire. Vérifiez la fiche de la Cour avant d’écrire une note interne.
| Date | Événement | Ce que nous en savons |
|---|---|---|
| 16 juillet 2020 | La Cour de justice invalide le Privacy Shield, le cadre précédent (arrêt Schrems II). | Présentation de la CNIL. |
| 10 juillet 2023 | La Commission adopte la décision sur le Data Privacy Framework. | Texte présenté par la Commission, toujours listé dans ses pages lues le 5 novembre 2026. |
| 3 septembre 2025 | Le Tribunal rejette le recours de Philippe Latombe (T-553/23), en constatant l’adéquation à la date d’adoption. | Communiqué lu, qui ne lie pas le Tribunal. Arrêt lui-même non lu. |
| 31 octobre 2025 | Pourvoi signalé, affaire C-703/25 P. | Source : un suivi tiers. État non établi au 5 novembre 2026. L’absence d’arrêt trouvé ne prouve pas qu’il n’en existe aucun. |
Trois vérifications sur la fiche officielle
La liste est tenue par le département du Commerce américain sur dataprivacyframework.gov. Son site propose aussi une rubrique des participants inactifs, « Inactive Participants ». Avant de vous fier à un nom, consultez la fiche.
- Identifiez l’entité qui reçoit les données : celle du contrat, et celle qui exécute le service. Le contrat peut être signé par une filiale européenne qui fait appel à sa maison mère. Le CEPD rappelle que votre vérification porte aussi sur les transferts entre prestataires.
- Cherchez cette entité sur la liste et lisez son statut. La CNIL demande de s’en assurer avant le transfert. Une mention commerciale ou un logo ne suffit pas.
- Lisez ce que couvre la fiche : entités, filiales, données commerciales ou de ressources humaines. Point signalé par la CNIL. Si vous transférez des données de salariés, vérifiez que cette catégorie y figure.
- Mettez à jour votre registre et vos mentions d’information, et notez la date de votre vérification. La CNIL rappelle ces obligations. L’adhésion se renouvelle chaque année : refaites la vérification à la même fréquence.
Le repli : à préparer avant d’en avoir besoin
Notre avis : demandez au prestataire que le contrat prévoie les clauses types de transfert de la Commission, applicables si le cadre tombe ou si l’adhésion cesse. Ce n’est pas une exigence du texte tant que le destinataire est sur la liste. Le CEPD confirme que ce transfert se passe alors de mesures supplémentaires.
Si vous passez sur ces clauses, l’exportateur doit évaluer le droit du pays de destination. Selon la CNIL, pour les États-Unis, il peut s’appuyer sur l’appréciation de la Commission, et un renvoi à la décision d’adéquation suffit sauf si le destinataire relève de lois sectorielles non couvertes. Ce raisonnement dépend lui aussi de la décision : si elle tombait, cette évaluation serait à refaire.
Pour un service difficile à remplacer et des données sensibles, ajoutez une ligne dans votre plan : quel autre prestataire, quel export, et qui décide.
Un organisme public suit le même chemin : selon la CNIL, une administration ou une collectivité peut se fonder sur cette décision pour un prestataire inscrit sur la liste.
Limites de cette page
Trois points restent ouverts. L’état du pourvoi C-703/25 P n’a pas pu être établi : InfoCuria et EUR-Lex n’ont rien rendu de lisible avec nos moyens de lecture. Le numéro et la date du pourvoi viennent d’un suivi tiers, et sont à vérifier sur InfoCuria avant toute note interne. La liste officielle n’a pas pu être interrogée : nous ne disons d’aucun éditeur qu’il y figure. Le Tribunal a été lu dans son communiqué, pas dans son arrêt. Le risque lié au droit américain reste une appréciation : un service très sensible justifie l’avis d’un conseil.
Prochaine action
Recherchez votre prestataire sur la liste officielle dataprivacyframework.gov, puis lisez sa fiche : entité, filiales, données commerciales ou de ressources humaines. Notez la date et demandez-lui où figurent ses clauses types en secours.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : les pages de la Commission européenne sur les transferts UE-États-Unis et sur les décisions d’adéquation, le communiqué n° 106/25 du Tribunal de l’Union du 3 septembre 2025, les questions-réponses de la CNIL mises à jour le 17 juillet 2024, la note d’information du CEPD, le chapitre V du RGPD dans le texte publié par la CNIL, et un suivi tiers pour le pourvoi. La fiche de la Cour pour ce pourvoi n’a pas pu être lue, et la liste officielle n’a pas pu être interrogée.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. La Commission européenne a adopté le 10 juillet 2023 une décision d’adéquation pour le Data Privacy Framework, en vertu de laquelle les données peuvent circuler vers les entreprises américaines qui y participent, et ses pages lues le 5 novembre 2026 la listent toujours.
Portée : Organisations commerciales américaines participantes.
Réserve : Date de mise à jour des pages non relevée.
- Commission européenne : EU-US data transfers - European Commission Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Commission européenne : Data protection adequacy for non-EU countries Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le 3 septembre 2025, le Tribunal de l’Union européenne a rejeté le recours en annulation dans l’affaire T-553/23, en confirmant selon son communiqué que les États-Unis assuraient un niveau de protection adéquat à la date d’adoption de la décision.
Portée : Communiqué n° 106/25.
Réserve : Communiqué non contraignant ; arrêt non lu. Le contrôle porte sur la date d’adoption.
- Cour de justice de l'UE : Press release No 106/25, Judgment of the General Court in Case T-553/23, Latombe v Commission 3 septembre 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Selon le communiqué du Tribunal, la Commission doit surveiller en continu le cadre et peut suspendre, modifier ou abroger sa décision, ou en limiter la portée, si le droit américain change.
Portée : Décision du 10 juillet 2023.
Réserve : Communiqué non contraignant.
- Cour de justice de l'UE : Press release No 106/25, Judgment of the General Court in Case T-553/23, Latombe v Commission 3 septembre 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Un suivi tiers indique qu’un pourvoi a été formé le 31 octobre 2025 sous le numéro C-703/25 P ; son état au 5 novembre 2026 n’a pas pu être établi, et l’absence d’arrêt trouvé ne prouve pas qu’il n’en existe aucun.
Portée : Affaire C-703/25 P.
Réserve : Digital Policy Alert est un suivi tiers ; InfoCuria et EUR-Lex n’ont rien rendu de lisible.
- Digital Policy Alert (tiers) : Austria: Latombe filed appeal against General Court dismissal of challenge to European Union–United States Data Protection Framework adequacy decision in Latombe v Commission - Digital Policy Alert Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
- Cour de justice de l'UE : RPEX Lu le 5 novembre 2026. Page inaccessible lors de la lecture.
- Cour de justice de l'UE : curia.europa.eu HTTP browser, date du document non relevée. Lu le 5 novembre 2026. Page inaccessible lors de la lecture.
- Office des publications de l'UE : Sans titre lisible (réponse vide) Lu le 5 novembre 2026. Page inaccessible lors de la lecture.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, les organismes doivent s’assurer avant le transfert que le destinataire figure sur la liste du département du Commerce américain et vérifier sa fiche, notamment les entités concernées, filiales comprises, et les catégories de données, commerciales ou de ressources humaines.
Portée : Questions-réponses 4 et 8, page mise à jour le 17 juillet 2024.
Réserve : Doctrine de la CNIL.
- CNIL : Adéquation des États-Unis : les premières questions-réponses 17 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, les organismes certifiés s’engagent annuellement et publiquement à adhérer au cadre, et les organismes qui transfèrent doivent aussi mettre à jour leur registre et informer les personnes de leurs transferts.
Portée : Questions-réponses 3 et 4.
Réserve : Doctrine de la CNIL.
- CNIL : Adéquation des États-Unis : les premières questions-réponses 17 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon le CEPD, les transferts vers les organisations inscrites sur la liste peuvent se fonder sur la décision sans outil de l’article 46 ni mesures supplémentaires, et les transferts vers les autres entités américaines exigent des garanties appropriées de l’article 46.
Portée : Note d’information du CEPD.
Réserve : La décision ne couvre pas les transferts au départ d’entités situées hors de l’Union soumises au RGPD par l’article 3, paragraphe 2.
- CEPD : Information note on data transfers under the GDPR to the United States after the adoption of the adequacy decision on 10 July 2023 Postérieure au 10 juillet 2023, date d'adoption non relevée dans le texte extrait. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, en cas d’outil de l’article 46 vers les États-Unis, l’exportateur peut s’appuyer sur l’appréciation de la Commission et un renvoi à la décision d’adéquation suffit, sauf si l’importateur est soumis à des lois sectorielles non couvertes ; il doit aussi tenir compte des évolutions à venir.
Portée : Question-réponse 5.
Réserve : Raisonnement dépendant de la décision d’adéquation.
- CNIL : Adéquation des États-Unis : les premières questions-réponses 17 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, une administration ou une collectivité peut se fonder sur la décision d’adéquation pour ses transferts vers un prestataire américain inscrit sur la liste.
Portée : Question-réponse 7.
Réserve : Des règles propres à la commande publique ou à certaines données peuvent s’ajouter : non lues ici.
- CNIL : Adéquation des États-Unis : les premières questions-réponses 17 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le site du programme, géré par le département du Commerce américain, présente la liste des participants et une rubrique « Inactive Participants ».
Portée : Page d’accueil rendue au navigateur.
Réserve : La liste elle-même n’a pas été interrogée : aucun éditeur n’a été vérifié pour cette page.
- Département du Commerce des États-Unis : Data Privacy Framework Page d'accueil rendue au navigateur ; la liste des participants n'a pas été interrogée. Lu le 5 novembre 2026. Déclaration de l’éditeur.
Déclaration de l’éditeur. Selon l’avis 22/2024 du CEPD, en cas de transfert entre deux prestataires selon les instructions du responsable, ce dernier reste soumis aux devoirs de l’article 28, paragraphe 1 et de l’article 44.
Portée : Avis adopté le 7 octobre 2024, résumé.
Réserve : L’étendue dépend de l’outil de transfert et du caractère initial ou ultérieur du transfert.
- CEPD/EDPB : Opinion 22/2024 on certain obligations following from the reliance on processor(s) and sub-processor(s) 9 octobre 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre avis. Prévoir des clauses types de transfert en secours et un plan de sortie pour un service difficile à remplacer est notre avis : aucun texte lu ne l’impose tant que le destinataire est sur la liste.
Portée : Prestataires américains inscrits sur la liste.
Réserve : Ne préjuge ni de l’issue du pourvoi ni d’une décision de la Commission.
- CEPD : Information note on data transfers under the GDPR to the United States after the adoption of the adequacy decision on 10 July 2023 Postérieure au 10 juillet 2023, date d'adoption non relevée dans le texte extrait. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Cour de justice de l'UE : Press release No 106/25, Judgment of the General Court in Case T-553/23, Latombe v Commission 3 septembre 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, la Cour de justice de l’Union a invalidé le Privacy Shield par son arrêt Schrems II du 16 juillet 2020.
Portée : Présentation de la CNIL.
Réserve : Arrêt lui-même non lu.
- CNIL : Adéquation des États-Unis : les premières questions-réponses 17 juillet 2024. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Transférer des données hors de l'UE Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.