Que doit contenir une analyse d’impact, au minimum ?
Pour qui : Vous devez rédiger une analyse d’impact sans modèle imposé. Vous cherchez le contenu exigé, et ce que vous pouvez raisonnablement laisser de côté.
Quatre éléments au minimum, selon l’article 35 du RGPD : une description du traitement et de ses finalités, une évaluation de sa nécessité et de sa proportionnalité, une évaluation des risques pour les personnes, et les mesures prévues pour y faire face.
Le texte n’impose ni format ni longueur, et le choix de la méthode vous revient. Commencez par un paragraphe honnête par élément sur un traitement réel. Vous verrez vite ce qui manque, et vous saurez si un modèle ou un outil peut vous aider.
Notre avis
Écrivez d’abord un paragraphe par élément obligatoire, pour un traitement réel. Si l’élément « risques » tient en une phrase générale, votre analyse n’est pas finie, quelle que soit sa longueur.
Pourquoi
- L’article 35, paragraphe 7, liste quatre éléments et ne fixe ni format ni nombre de pages.
- La CNIL rappelle que le responsable choisit sa méthode, qui devrait respecter l’annexe 2 des lignes directrices européennes. Un éditeur ne peut donc pas présenter son gabarit comme une condition légale.
- La partie que nous jugeons la plus utile est le lien entre chaque risque et une mesure identifiée. Il oblige à décider, et se relit lors d’un changement.
Ce qui change le choix
Plus le traitement est complexe, plus chaque risque appelle ses propres mesures. Le paragraphe unique ne suffit plus dès que plusieurs événements redoutés demandent des réponses différentes.
Les quatre éléments et le contrôle à faire sur chacun
La deuxième colonne reprend le texte. La troisième est la méthode de relecture que nous proposons, inspirée de l’annexe 2 de WP248.
| Élément | Ce que dit le texte | Test de relecture |
|---|---|---|
| Description | Description systématique des opérations et des finalités, avec l’intérêt légitime s’il y a lieu. | Données, destinataires, durées, outils et prestataires sont-ils nommés ? |
| Nécessité et proportionnalité | Évaluation au regard des finalités. | Avez-vous écrit pourquoi cette donnée, cette durée et ce moyen, et ce qui a été écarté ? |
| Risques | Évaluation des risques pour les droits et libertés des personnes. | Chaque risque porte-t-il une gravité pour les personnes et une vraisemblance, avec leur justification ? |
| Mesures | Garanties, mesures et mécanismes de sécurité pour traiter les risques et apporter la preuve du respect du règlement. | Chaque risque renvoie-t-il à une mesure en place ou datée, avec un responsable ? |
La gravité se mesure du côté des personnes
La CNIL définit un risque comme un scénario : un événement redouté et les menaces qui permettraient qu’il survienne. Elle précise que la gravité s’évalue pour les personnes concernées, sans prendre l’organisme comme référence. Une fuite gênante pour votre image et sans effet sur les clients n’a pas le même poids qu’une fuite banale pour vous et lourde pour eux. C’est le premier point à relire dans un document rédigé à la hâte.
Ce qui s’ajoute selon votre situation
Trois mentions complètent le contenu sans faire partie des quatre éléments. Le conseil du délégué à la protection des données, s’il en a été désigné un, est demandé par l’article 35. L’avis des personnes ou de leurs représentants est demandé « le cas échéant » : WP248 invite à documenter la raison lorsque vous ne le recueillez pas. Enfin, l’annexe 2 de WP248 cite aussi les droits des personnes, les sous-traitants et les transferts dans ce qui doit être passé en revue.
Exemple fictif : un paragraphe de risque suffisant ou non
Exemple fictif : un réseau de crèches envisage un portail parents. Version insuffisante : « Risque de fuite faible, mesures de sécurité en place. » Version utilisable : « Accès d’un tiers au dossier d’un enfant par réutilisation d’un mot de passe parent. Gravité pour la famille importante, car le dossier contient des informations de santé. Vraisemblance moyenne, car les comptes reposent sur un seul mot de passe. Mesure : double authentification à l’ouverture, responsable nommé, date prévue. » Les niveaux choisis ici sont illustratifs : ils se discutent et se justifient pour votre cas.
Modèle ou logiciel : ce qui aide, et à partir de quand
Le logiciel PIA de la CNIL déroule sa méthode pas à pas et il est gratuit. Le Comité européen a annoncé le 14 avril 2026 un modèle, adopté le 10 mars pour consultation jusqu’au 9 juin, en précisant qu’il n’est pas obligatoire. Aucun ne rédige l’évaluation à votre place. Faites le premier paragraphe à la main, puis choisissez : si vous n’avez qu’une analyse et un seul rédacteur, le logiciel PIA ou un document suffit.
Limites de cette page
Cette page porte sur le contenu minimal. Elle ne remplace pas la lecture des guides de la CNIL sur la méthode, ni l’avis d’une personne compétente en sécurité pour le traitement concerné. Le statut final du modèle européen n’a pas été trouvé dans nos lectures du 5 novembre 2026 : vérifiez-le avant de l’adopter comme gabarit interne.
Prochaine action
Prenez un traitement réel et écrivez un paragraphe par élément. Relisez-les avec le test du tableau. Si le traitement est complexe, passez à une ligne par risque avec sa mesure et son responsable.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : les paragraphes 2, 7 et 9 de l’article 35 du RGPD dans le texte publié par la CNIL ; la fiche CNIL sur l’analyse d’impact, datée du 18 octobre 2017 ; l’annexe 2 des lignes directrices WP248 révisées ; la page CNIL du logiciel PIA et l’annonce du modèle européen du 14 avril 2026.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. L’analyse d’impact contient au moins une description systématique des opérations et des finalités, une évaluation de la nécessité et de la proportionnalité, une évaluation des risques pour les droits et libertés des personnes et les mesures envisagées pour y faire face.
Portée : RGPD, article 35, paragraphe 7.
Réserve : Texte reproduit par la CNIL, numéros de paragraphe rétablis.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
- CNIL : Ce qu'il faut savoir sur l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) | CNIL Page affichant 18 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. La CNIL écrit que le responsable de traitement est libre de choisir sa méthode, qui devrait respecter les critères de l’annexe 2 des lignes directrices du G29.
Portée : Fiche CNIL de 2017 et WP248 révisées.
Réserve : Doctrine.
- CNIL : Ce qu'il faut savoir sur l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) | CNIL Page affichant 18 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- G29 (archives Commission) : Guidelines on Data Protection Impact Assessment (DPIA), wp248rev.01 13 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, un risque sur la vie privée est un scénario décrivant un événement redouté et les menaces qui permettraient qu’il survienne, estimé en gravité et en vraisemblance, la gravité s’évaluant pour les personnes concernées et non pour l’organisme.
Portée : Fiche du 18 octobre 2017.
Réserve : Méthode de la CNIL, d’autres méthodes restent possibles.
- CNIL : Ce qu'il faut savoir sur l’analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) | CNIL Page affichant 18 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le responsable demande conseil au délégué à la protection des données s’il en a été désigné un et, le cas échéant, l’avis des personnes concernées ou de leurs représentants ; WP248 invite à documenter la justification lorsque cet avis n’est pas recherché.
Portée : Article 35, paragraphes 2 et 9 ; WP248, section III.D.b.
Réserve : La partie sur la justification relève de la doctrine européenne.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
- G29 (archives Commission) : Guidelines on Data Protection Impact Assessment (DPIA), wp248rev.01 13 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. L’annexe 2 de WP248 passe aussi en revue les droits des personnes, les relations avec les sous-traitants, les transferts et la consultation préalable.
Portée : Annexe 2.
Réserve : Critères d’acceptabilité, sans valeur de texte.
- G29 (archives Commission) : Guidelines on Data Protection Impact Assessment (DPIA), wp248rev.01 13 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. La CNIL présente le logiciel PIA comme un outil open source facilitant la conduite d’une analyse selon sa méthode.
Portée : Page du 7 avril 2026.
Réserve : Logiciel non essayé.
- CNIL : Outil PIA : téléchargez et installez le logiciel de la CNIL | CNIL Page datée du 7 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le Comité européen a annoncé le 14 avril 2026 un modèle d’analyse d’impact, adopté en version 1.0 le 10 mars 2026, soumis à consultation jusqu’au 9 juin et non obligatoire.
Portée : Annonce du 14 avril 2026 et document version 1.0 du 10 mars 2026.
Réserve : Version finale non trouvée dans les pages lues.
- Comité européen de la protection des données (EDPB) : Enhancing compliance and consistency: EDPB adopts DPIA template | European Data Protection Board 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Comité européen de la protection des données (EDPB) : Template [2026] for Data Protection Impact Assessment (‘DPIA’), Explainer Version 1.0, adoptée le 10 mars 2026 pour consultation. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre méthode. Le test de relecture du tableau et l’exemple du portail de crèches sont une méthode et une illustration fictive proposées par cette page, sans valeur légale.
Portée : Rédaction de l’analyse.
Réserve : Les niveaux de gravité et de vraisemblance de l’exemple sont illustratifs.
Daté du 5 novembre 2026.