Pouvez-vous mettre en place un mur de cookies ?
Pour qui : Vous éditez un site de presse ou de contenus financé par la publicité ciblée. Les refus vous coûtent des revenus et vous envisagez de bloquer l’accès à ceux qui refusent, avec ou sans abonnement de remplacement.
Oui, un éditeur de contenus en concurrence peut envisager un mur de cookies, à condition de justifier l’alternative, son prix et les finalités exigées. Un service administratif ne peut pas conditionner une téléprocédure ou un site d’information à l’acceptation de traceurs soumis au consentement.
La CNIL parle de premiers critères, à utiliser au cas par cas, dans l’attente d’une loi ou d’une position de la Cour de justice de l’Union européenne. Préparez donc un dossier écrit avant le développement. Faites-le relire par un conseil pour un vrai projet : l’enjeu touche vos revenus et la validité des consentements recueillis derrière le mur.
Notre avis
Ne cherchez pas si le mur est autorisé en général : la réponse dépend de votre dossier. Si vous ne savez pas écrire l’alternative et défendre son prix en une page, n’activez rien.
Pourquoi
- Le Conseil d’État a jugé le 19 juin 2020 que la CNIL ne pouvait pas interdire la pratique de manière générale et absolue. La liberté du consentement s’apprécie au cas par cas.
- La CNIL dit qu’elle sera très attentive aux alternatives réelles et satisfaisantes, notamment fournies par le même éditeur.
- La CNIL refuse de fixer un seuil de tarif raisonnable : c’est à l’éditeur de le justifier.
- Une option de mur de cookies dans un logiciel déclenche le mécanisme. Elle ne produit aucune de ces justifications.
Ce qui change le choix
Votre service est le seul à offrir ce contenu, relève d’une administration ou domine son marché : l’avis passe de « possible avec dossier » à « renoncez ou faites analyser le projet ». À l’inverse, un accès gratuit sans traceurs soumis au consentement, même limité, simplifie fortement le dossier si ce contenu reste une vraie alternative.
L’ordre à suivre
- Vous pouvez proposer vous-même un accès sans traceurs soumis au consentement : c’est le dossier le plus simple à défendre.
- L’alternative existe seulement chez un autre éditeur : c’est possible, mais vous devrez le démontrer et vérifier qu’aucun déséquilibre ne prive les personnes de choix.
- Votre service est exclusif ou dominant : renoncez, ou faites analyser le projet avant tout développement.
- Service administratif : n’installez pas de mur sur une téléprocédure ou un site d’information.
Les cinq réponses à écrire avant d’activer le blocage
Chaque ligne reprend un critère de la CNIL. La dernière colonne relève de notre méthode.
| Question | Repère de la CNIL | Pièce à préparer |
|---|---|---|
| La personne qui refuse a-t-elle une autre voie ? | La CNIL recommande une alternative réelle et équitable, sans consentement. À défaut, l’éditeur doit pouvoir démontrer qu’un autre éditeur en propose une, sans mur. | Description de l’accès proposé, ou preuve datée de l’alternative extérieure. |
| Le prix prive-t-il d’un vrai choix ? | Pas de seuil fixé par la CNIL. L’éditeur doit justifier le caractère raisonnable et la CNIL l’encourage à publier son analyse. | Note de calcul du prix. |
| Le paiement est-il adapté à la lecture ? | La CNIL invite à tenir compte des modes de consommation : le micropaiement ou le porte-monnaie virtuel sont cités en exemple. | Justification du format : abonnement seul ou paiement à l’unité. |
| Le compte est-il nécessaire ? | Une création de compte doit être justifiée par sa finalité, par exemple suivre un abonnement sur d’autres terminaux. | Liste des données demandées et usage de chacune. |
| Quelles finalités sont exigées ? | Le mur doit être limité aux finalités qui permettent une juste rémunération. La publicité ciblée et la personnalisation éditoriale sont deux finalités distinctes. | Tableau des finalités : exigée pour entrer, ou facultative. |
Après le paiement, le site doit changer de comportement
En principe, aucun traceur soumis au consentement ne devrait être déposé chez la personne qui refuse et choisit l’alternative. Seuls restent les traceurs nécessaires au fonctionnement. L’exception citée par la CNIL vise un contenu tiers que la personne active elle-même, comme une vidéo hébergée ailleurs, avec une demande dédiée à ce moment-là.
Testez donc le parcours payant à part. Connectez-vous avec un compte abonné, ouvrez plusieurs pages et listez les requêtes vers des domaines tiers. Si les outils publicitaires partent encore, le mur ne fait pas ce que vous annoncez.
Un calcul pour préparer la défense de votre prix
La CNIL ne prescrit aucune formule. Ce calcul est une méthode de notre part : il vous oblige à expliquer l’écart entre le prix demandé et le revenu publicitaire réellement remplacé.
Exemple fictif : un magazine en ligne gagne 4 € de publicité ciblée pour 1 000 pages vues. Un lecteur régulier lit 60 pages par mois et rapporte donc 0,24 € par mois (60 × 4 ÷ 1 000). Un pass à 2 € par mois représente environ 8,3 fois ce revenu (2 ÷ 0,24). Votre note doit expliquer cet écart, avec vos chiffres : frais de paiement, gestion des comptes, part de lecteurs qui reprendront ce pass. Si vous n’y parvenez pas, baissez le prix ou proposez un paiement à l’article.
Une option dans votre outil ne tranche rien
Sur les grilles lues le 5 novembre 2026, Axeptio liste un mur de consentement « contextuel » sur Medium et un mur de consentement sur Large, Usercentrics une fonction Consent or Pay à partir de Pro, et iubenda un mur payant. La fonction vous épargne un développement. La justification de l’alternative et du prix reste la vôtre.
Limites de cette page
Nous n’avons lu aucune sanction portant précisément sur un mur de cookies, et ces critères datent de 2022 : revérifiez la page de la CNIL avant lancement. La CNIL rapporte aussi une déclaration du CEPD, qui réunit les autorités européennes, sur le projet de règlement ePrivacy : les utilisateurs devraient toujours se voir proposer une alternative équitable par le même fournisseur. C’est une position sur un projet de texte, pas une règle en vigueur, et nous n’avons pas vérifié où en est ce projet. Cette page ne juge ni votre prix ni votre position sur votre marché.
Prochaine action
Rédigez une page : l’alternative et son prix, le calcul qui le justifie, les finalités exigées, et les traceurs qui restent après paiement. Si votre service est exclusif ou dominant, faites analyser ce document par un conseil avant tout développement.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : la page de la CNIL sur les critères d’évaluation des murs de traceurs, datée du 16 mai 2022 ; la question 32 de sa foire aux questions sur les cookies ; son communiqué du 19 juin 2020 sur la décision du Conseil d’État ; les grilles tarifaires d’Axeptio, Usercentrics et iubenda.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. Par une décision du 19 juin 2020, le Conseil d’État a jugé que la CNIL ne pouvait pas interdire de manière générale et absolue les murs de traceurs, la liberté du consentement s’appréciant au cas par cas.
Portée : Droit français, lu dans les présentations de la CNIL
Réserve : Décision lue à travers les pages de la CNIL.
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Questions-réponses sur les lignes directrices modificatives et la recommandation « cookies et autres traceurs » de la CNIL date de page non relevée. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Cookies et autres traceurs : le Conseil d'État rend sa décision sur les lignes directrices de la CNIL 19 juin 2020. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La CNIL recommande une alternative réelle et équitable en cas de refus et, à défaut, attend de l’éditeur qu’il démontre qu’un autre éditeur propose une telle alternative sans mur.
Portée : Critères du 16 mai 2022
Réserve : Premiers critères, à utiliser au cas par cas.
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Selon la CNIL, un service administratif ne peut pas conditionner l’accès à une téléprocédure ou à un site d’information à l’acceptation de traceurs soumis au consentement.
Portée : Services administratifs
Réserve : Exemple donné par la CNIL dans ses critères.
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La CNIL ne fixe pas de seuil de tarif raisonnable : l’éditeur doit pouvoir le justifier et elle l’encourage à publier son analyse.
Portée : Murs avec alternative payante
Réserve : Analyse au cas par cas.
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’éditeur doit démontrer que son mur est limité aux finalités qui permettent une juste rémunération, et la publicité ciblée se distingue de la personnalisation du contenu éditorial.
Portée : Murs de traceurs
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. En principe, aucun traceur soumis au consentement ne devrait être déposé chez la personne qui refuse et choisit l’alternative proposée, sous réserve de contenus tiers activés avec une demande dédiée.
Portée : Parcours avec alternative
- CNIL : Cookie walls : la CNIL publie des premiers critères d'évaluation 16 mai 2022. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Exemple fictif : 60 pages lues par mois à 4 € pour 1 000 pages donnent 0,24 € par mois, et un pass à 2 € par mois représente environ 8,3 fois ce revenu.
Portée : Illustration fictive
Réserve : Hypothèses inventées pour montrer le calcul. Ni seuil ni repère de marché.
Daté du 5 novembre 2026.
Déclaration de l’éditeur. Les grilles lues le 5 novembre 2026 listent chez Axeptio un mur de consentement « contextuel » sur Medium et un mur de consentement sur Large, Consent or Pay chez Usercentrics à partir de Pro et un mur payant sur le consentement chez iubenda.
Portée : Grilles tarifaires des éditeurs
Réserve : Fonctions annoncées, non essayées. Palier iubenda non lisible.
- Axeptio : Pricing | Axeptio non datée sur la trace ;. Lu le 5 novembre 2026. Déclaration de l’éditeur.
- Usercentrics : Pricing | Find The Right Consent Management Platform Package non datée sur la trace ;. Lu le 5 novembre 2026. Déclaration de l’éditeur.
- iubenda : iubenda pricing for privacy, consent, and accessibility tools non datée sur la trace ;. Lu le 5 novembre 2026. Déclaration de l’éditeur.
Notre méthode. Le calcul du prix proposé ici est une méthode éditoriale, que la CNIL ne prescrit pas.
Portée : Préparation d’un dossier
Réserve : Ne garantit aucune appréciation de la CNIL.
Daté du 5 novembre 2026.
Fait lu. La CNIL rapporte que le CEPD a publié une déclaration sur le projet de règlement ePrivacy selon laquelle les utilisateurs devraient toujours se voir proposer des alternatives équitables par le même fournisseur de service.
Portée : Question 32 de la foire aux questions de la CNIL.
Réserve : Position sur un projet de texte, sans valeur de règle en vigueur ; état du projet non vérifié.
- CNIL : Questions-réponses sur les lignes directrices modificatives et la recommandation « cookies et autres traceurs » de la CNIL date de page non relevée. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.