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Quel logiciel RGPD

Avez-vous besoin d’une plateforme de consentement ?

Pour qui : Vous gérez un site ou le marketing de votre organisation. On vous dit qu’il faut un bandeau de cookies, un prestataire propose une plateforme, et vous ne savez pas encore ce que votre site dépose réellement.

Pas forcément. Une plateforme de consentement, ou CMP pour Consent Management Platform, affiche le bandeau, enregistre le choix du visiteur et bloque les traceurs tant qu’il n’a pas accepté. Elle ne sert à rien si votre site ne dépose aucun traceur soumis au consentement.

Un traceur désigne tout ce qui lit ou écrit sur le terminal du visiteur : cookie, pixel, identifiant. La publicité, le reciblage et les contenus de tiers qui suivent le visiteur déclenchent en général le besoin. Recueillez alors un consentement : la loi vous y oblige, sans vous imposer de l’acheter.

Notre avis

N’achetez rien avant d’avoir regardé ce que votre site dépose. Sans traceur soumis au consentement, aucune plateforme ne vous sert. Avec des traceurs publicitaires ou tiers, il vous faut un recueil du consentement, qui peut prendre la forme d’un outil libre.

Pourquoi

  • L’article 82 de la loi Informatique et Libertés exige une information puis un consentement. Il ne mentionne aucune plateforme, et Google lui-même admet une bannière ou une solution personnalisée pour son mode Consentement.
  • La CNIL juge le traceur d’après son usage. Panier, connexion, langue ou mémorisation du choix peuvent être exemptés quand c’est leur seul usage.
  • Acheter une plateforme ne déplace pas votre responsabilité : selon les lignes directrices de la CNIL, l’éditeur reste responsable de traitement même s’il confie cette gestion à un tiers.
  • Retirer un traceur peu utile évite à la fois le bandeau qu’il impose et la licence qui va avec. Posez cette option avant de demander un prix.

Ce qui change le choix

Un seul traceur publicitaire, ou un seul cookie utilisé à la fois pour la connexion et pour la publicité, fait passer la réponse à oui. Des annonces personnalisées de Google font passer à une plateforme certifiée.

L’ordre à suivre

  1. Aucun traceur soumis au consentement : n’achetez rien et gardez votre liste datée.
  2. Un ou deux traceurs de faible utilité : retirez-les avant de payer pour les encadrer.
  3. Traceurs à conserver sur un site sans publicité personnalisée : solution libre ou offre à bas prix.
  4. Annonces personnalisées de Google : plateforme certifiée, quel que soit votre goût pour le libre.

Triez vos traceurs d’après leur usage, jamais d’après leur nom

Une fois l’inventaire fait, reportez chaque ligne ici. La même technologie peut tomber dans deux cases selon ce que le fournisseur fait des données.

Ce que vous trouvez et ce que cela implique, selon la doctrine de la CNIL
Ce que vous trouvezConsentementConséquence pour l’achat
Panier, connexion, langue, équilibrage de charge, mémorisation du choixPeut être exempté si c’est le seul usage du traceur.Rien à acheter pour ceux-là. La CNIL recommande de les mentionner, par exemple dans la politique relative aux cookies.
Statistiques de fréquentationExemption possible sous conditions strictes, à démontrer.Vérifiez votre réglage et réclamez les documents du fournisseur avant de conclure.
Pixel publicitaire, reciblage, personnalisation commercialeRequis.Recueil du consentement nécessaire, sauf si vous retirez le traceur.
Boutons de réseaux sociauxRequis en général, car ces tiers déposent ou lisent des traceurs pour d’autres finalités.Retirez-les, ou demandez le consentement avant de les activer.
Vidéo ou autre contenu hébergé par un tiers qui dépose des traceursRequis avant le dépôt.Le bandeau ou une fenêtre au moment de l’activation convient. Le refus ne peut pas bloquer le reste du site.
CAPTCHA, ce test qui écarte les robotsInutile si la seule finalité est la sécurité ; requis si le fournisseur réutilise les données.Interrogez le fournisseur. La CNIL préconise une solution sans consentement, un refus rendant le contrôle inopérant.
Un même cookie, pour la connexion et la publicitéRequis pour la publicité.Séparez les usages ou traitez l’ensemble comme soumis au consentement.

Retirer un traceur est aussi une réponse

Avant de comparer des offres, regardez qui utilise encore chaque traceur : un pixel installé pour une campagne terminée, un bouton de partage jamais cliqué, un outil d’essai oublié. Notre avis : si personne ne défend son utilité, retirez-le et refaites l’inventaire. Vous pouvez arriver à la première sortie, celle où il n’y a rien à acheter.

Si des traceurs restent et que vous ne diffusez pas d’annonces personnalisées, tarteaucitron.js est un gestionnaire de consentement publié sous licence MIT, mais son installation demande de savoir intervenir sur le site. Le choix entre solutions se fait sur une autre page, à partir de votre développeur, de votre outil de publication et de votre volume.

Quand une régie impose une plateforme : le cas de Google

Depuis le 16 janvier 2024, Google exige des éditeurs utilisant AdSense, Ad Manager ou AdMob une plateforme certifiée, intégrée au cadre publicitaire TCF d’IAB Europe, pour diffuser des annonces personnalisées dans l’Espace économique européen et au Royaume-Uni. Cette règle vient du contrat avec une régie : elle ne figure pas dans l’article 82, et Google précise qu’il ne contrôle pas la pleine conformité des plateformes aux lois applicables. Nous n’avons lu que les conditions de Google : si vous passez par une autre régie, lisez les siennes.

Une plateforme n’agit pas sur ce qu’elle ne voit pas

Le 22 octobre 2026, la CNIL a infligé 7 millions d’euros à FNAC Darty Participations et Services et à FNAC Direct. Elle leur reproche un traceur d’application mobile sans consentement : des requêtes envoyaient vers un domaine tiers un identifiant et les produits consultés. Le montant tient notamment à la méconnaissance du choix de l’utilisateur et au grand nombre de personnes utilisant l’application, et ne se transpose pas à une petite structure.

Nous en retenons une leçon de méthode : un bandeau sur le site n’aurait rien réglé à cet endroit. Si vous avez une application ou des appels vers des services tiers, ils entrent dans le tri.

Limites de cette page

Cette page ne qualifie aucun traceur précis, et nous n’avons testé aucun site. L’article 82 a été lu dans la reproduction de la CNIL, qui renvoie à Légifrance pour le texte faisant foi. Pour un traceur dont l’usage reste flou, demandez par écrit au fournisseur ce qu’il fait des données.

Prochaine action

Lancez sur votre page d’accueil et votre parcours principal l’outil d’audit de sites du Comité européen de la protection des données, sans cliquer sur un éventuel bandeau. Classez chaque traceur dans le tableau et gardez la liste datée. L’outil vise les sites : pour une application, demandez à son développeur la liste des appels vers des tiers.

Preuves et sources

Lu le 5 novembre 2026 : l’article 82 de la loi Informatique et Libertés dans le texte publié par la CNIL (page datée du 15 novembre 2024) ; les lignes directrices de la CNIL du 17 septembre 2020 ; sa foire aux questions sur les traceurs, datée du 29 avril 2026 ; le communiqué de sanction du 29 octobre 2026 visant FNAC ; les pages de Google sur le mode Consentement et sur les plateformes certifiées ; la page de l’outil d’audit de sites du Comité européen de la protection des données.

Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode