Établissement de santé : quand l’outillage devient-il nécessaire ?
Pour qui : Vous êtes délégué à la protection des données d’un hôpital, d’une clinique, d’un établissement médico-social ou d’un EHPAD. Vous tenez tout avec un tableur et un dossier partagé, et la direction vous demande s’il faut acheter un logiciel.
Aucun texte lu n’impose un logiciel à un établissement de santé. Le modèle simplifié de la CNIL reste même cité dans son projet de recommandation sur le dossier patient. Vous arriverez toutefois plus vite qu’une PME au point où un fichier ne suffit plus.
Comptez trois nombres cette semaine : les analyses d’impact à revoir dans l’année, les demandes ouvertes en même temps, et les personnes qui doivent écrire. Comparez un logiciel si ces chiffres montrent un suivi qui casse, et pour cette seule tâche.
Notre avis
Comparez un logiciel plus tôt qu’une PME, mais après avoir compté vos analyses d’impact à revoir, vos demandes et vos contributeurs. Le besoin peut venir vite, sans qu’aucun texte lu ne l’impose : la décision se prend sur ces chiffres.
Pourquoi
- La CNIL requiert une analyse d’impact pour les traitements de santé des établissements de santé et médico-sociaux, avec comme exemples le dossier patient, la télémédecine ou le laboratoire. Plusieurs analyses coexistent donc.
- Dans son projet de recommandation, elle recommande de revoir chaque année l’analyse du dossier patient. Si ce rythme s’étendait à toutes, le suivi deviendrait une tâche récurrente.
- L’accès au dossier se répond en huit jours selon la CNIL, délai bien plus court que le mois général.
- Les informations viennent de plusieurs directions : système d’information, information médicale, relations avec les usagers. Le besoin de coordination se voit vite dans un fichier.
Ce qui change le choix
Le suivi tient et aucune relance ne se perd sur deux trimestres : ne changez rien. Un établissement rattaché à une mutualisation vérifie d’abord l’outil fourni. Plusieurs établissements en responsabilité conjointe doivent d’abord écrire qui fait quoi.
L’ordre à suivre
- Petit établissement rattaché à un groupement ou à une mutualisation : voyez d’abord ce qui est fourni.
- Peu d’analyses et demandes déjà suivies ailleurs : outils publics et fichier partagé.
- Analyses nombreuses, contributeurs multiples ou relances perdues : comparez un logiciel pour cette tâche.
- Plusieurs établissements avec responsabilité conjointe : précisez d’abord la convention, puis l’outil commun.
Pourquoi un établissement n’est pas une PME
Quatre faits lus changent le travail. L’analyse d’impact, l’étude préalable des risques, est requise par la liste de la CNIL pour les traitements de santé d’un établissement, avec le dossier patient, la télémédecine, le laboratoire ou la pharmacie à usage intérieur. Elle vise aussi les dossiers des résidents d’un EHPAD.
Le délégué s’impose à un organisme public, et les lignes directrices européennes indiquent qu’un hôpital doit en désigner un.
Le projet de la CNIL demande de mettre à jour l’analyse du dossier patient à chaque changement majeur et recommande de la revoir chaque année. Il traite aussi une homologation de sécurité : ce sujet ne relève pas d’un logiciel de gouvernance.
Enfin, selon la CNIL, les notifications de violation des centres hospitaliers sont passées de 16 en 2018 à 196 en 2024, et lors de 13 contrôles d’établissements de santé entre 2020 et 2023, elle a constaté des manquements à la sécurité et à la confidentialité des données, dont des accès à des informations non nécessaires à la prise en charge. Elle indique avoir mis en demeure plusieurs établissements.
Le comptage à faire
Exemple fictif : un établissement a 6 analyses d’impact à revoir dans l’année et reçoit 40 demandes de dossier par mois. Si chaque demande reste ouverte huit jours, il en a 40 × 8 ÷ 30, soit environ 11 ouvertes en même temps. Ce nombre ne décide rien seul : comparez un logiciel si l’une de ces demandes dépasse ses huit jours ou si personne ne voit l’ensemble. Le tableau donne nos repères, sans valeur légale : aucun texte ne fixe de seuil d’outil.
| Chiffre | Comment le compter | Ce qui justifie de comparer |
|---|---|---|
| Analyses d’impact à revoir dans l’année | Partez du registre : chaque traitement de la liste de la CNIL, avec sa date de dernière revue. | Une analyse a manqué sa date, ou plusieurs contributeurs travaillent sur des versions différentes. |
| Demandes ouvertes en même temps | Demandes × jours ouverts ÷ 30. Séparez dossier médical et autres droits. | Une échéance a été dépassée, ou personne ne voit l’ensemble. |
| Contributeurs et sous-traitants | Personnes qui doivent écrire ; prestataires à relancer pour le contrat ou le certificat. | Une relance se perd deux trimestres de suite. |
Avant d’acheter : deux vérifications propres à l’établissement
Qui suit déjà les demandes de dossier ? Si un service des relations avec les usagers a son circuit, un logiciel RGPD créerait à notre avis un second suivi. Demandez plutôt un compte rendu mensuel.
Un module peut-il recevoir des données de santé ? Une demande ou une violation peut contenir des informations sur un patient. Posez la question de l’hébergement à l’éditeur.
Petit établissement, groupement ou mutualisation
Un délégué peut être mutualisé entre organismes publics : le centre de gestion de l’Ariège a publié en 2023 un tarif annuel de 1 000 € pour un EHPAD, taxes non précisées. Demandez ce que la structure fournit avant tout achat.
Dans un groupement hospitalier de territoire, le projet de la CNIL prévoit, en cas de responsabilité conjointe, une convention conforme à l’article 26 du RGPD. À notre avis, cette convention se rédige avant de choisir un outil commun.
Limites de cette page
La recommandation sur le dossier patient est lue à l’état de projet : la CNIL annonçait un document pour 2026, dont nous n’avons pas trouvé la version définitive le 5 novembre 2026. Aucun logiciel n’a été essayé, et nous n’avons pas de chiffre public sur le volume réel de demandes dans les établissements : comptez les vôtres. Le code de la santé publique n’a pas été lu en source propre.
Prochaine action
Notez dans un fichier vos analyses d’impact avec leur date de revue, vos demandes des trois derniers mois et les personnes qui écrivent. Si un signal de ce tableau apparaît, comparez pour cette tâche et demandez à rejouer le cas qui a échoué. Sinon, refaites ce comptage dans un trimestre.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : la liste CNIL des analyses d’impact requises (délibération du 11 octobre 2018) ; le projet de recommandation CNIL sur le dossier patient informatisé, soumis à consultation en 2025, et sa présentation du 20 mars 2025 ; le programme de travail de la CNIL pour 2026 ; l’article 37 du RGPD publié par la CNIL ; les lignes directrices européennes sur les délégués ; la fiche CNIL sur le droit d’accès.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. La liste CNIL requiert une analyse d’impact pour les traitements de santé mis en œuvre par les établissements de santé ou médico-sociaux pour la prise en charge, avec notamment le dossier patient, les algorithmes de décision médicale, les vigilances sanitaires, la télémédecine, le laboratoire et la pharmacie à usage intérieur, ainsi que les dossiers de résidents d’un CCAS ou d’un EHPAD.
Portée : Délibération du 11 octobre 2018.
Réserve : Liste non exhaustive.
- CNIL : Liste des types d'opérations de traitement pour lesquelles une analyse d'impact relative à la protection des données est requise Délibération n° 2018-327 du 11 octobre 2018. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Analyse d'impact relative à la protection des données : publication d'une liste des traitements pour lesquels une analyse est requise 06 novembre 2018. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le projet de recommandation de la CNIL indique que le dossier patient informatisé doit faire l’objet d’une analyse d’impact, mise à jour à chaque changement majeur, et recommande de la revoir annuellement.
Portée : Points 25 et 26, établissements de santé publics ou privés.
Réserve : Projet ; le rythme annuel vise le dossier patient, son extension est hypothétique.
- CNIL : Projet de recommandation. Dossier patient informatisé (DPI) Projet soumis à consultation en 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le projet indique que le traitement du dossier patient s’inscrit au registre, qu’un modèle de registre simplifié est disponible sur le site de la CNIL, et qu’une homologation de sécurité doit être réalisée pour les établissements publics de santé, la CNIL la recommandant aux établissements privés.
Portée : Points 27 et 28.
Réserve : Projet ; décret de 2019 cité non lu.
- CNIL : Projet de recommandation. Dossier patient informatisé (DPI) Projet soumis à consultation en 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Selon les lignes directrices européennes sur les DPO, le traitement des données de patients est une activité de base d’un hôpital, qui doit désigner un DPO, et cite ce traitement comme exemple de grande échelle.
Portée : WP243 rév. 01, article 37 du RGPD.
Réserve : Lignes directrices lues en anglais. Tout organisme public y est tenu au titre de l’article 37, paragraphe 1, a.
- G29 (archives Commission) : Guidelines on Data Protection Officers ('DPOs'), wp243rev.01 30 octobre 2017. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Chapitre IV - Responsable du traitement et sous-traitant date non relevée. Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
Fait lu. Selon la CNIL, les notifications de violation des centres hospitaliers sont passées de 16 en 2018 à 196 en 2024, et lors de 13 contrôles auprès d’établissements de santé entre 2020 et 2023 elle a constaté des manquements à l’obligation de sécurité et de confidentialité de l’article 32 du RGPD, dont des accès à des informations non nécessaires à la prise en charge ; elle mentionne par ailleurs des contrôles et des mises en demeure de plusieurs établissements.
Portée : Communiqué du 20 mars 2025.
Réserve : Le nombre de notifications ne mesure pas le nombre réel de violations.
- CNIL : [Clôturée] Conformité et sécurité des dossiers médicaux : la CNIL lance une consultation publique sur un projet de recommandation 20 mars 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. La CNIL annonçait dans son programme de travail 2026 la publication d’un document consolidant les règles sur le dossier patient informatisé ; nous n’en avons pas trouvé la version définitive le 5 novembre 2026.
Portée : Lecture du programme et de la page de consultation.
Réserve : Recherche limitée : le document a pu paraître depuis.
- CNIL : Accompagnement des professionnels : le programme de travail de la CNIL pour 2026 07 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : [Clôturée] Conformité et sécurité des dossiers médicaux : la CNIL lance une consultation publique sur un projet de recommandation 20 mars 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Selon la CNIL, la communication des données de santé doit être faite au plus tard dans les huit jours suivant la demande, alors que le délai général d’accès est d’un mois.
Portée : Fiche CNIL droit d’accès ; article L. 1111-7 cité.
Réserve : Article L. 1111-7 non lu en source propre.
- CNIL : Professionnels : comment répondre à une demande de droit d’accès ? | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Le calcul 40 × 8 ÷ 30 donne environ 11 demandes ouvertes en même temps dans l’exemple fictif.
Portée : Exemple fictif, 40 × 8 ÷ 30 = 10,67.
Réserve : Suppose que chaque demande reste ouverte huit jours et un flux régulier.
Daté du 5 novembre 2026.
Déclaration de l’éditeur. Le projet de la CNIL prévoit, en cas de responsabilité conjointe entre établissements, notamment dans un groupement hospitalier de territoire, une convention conforme à l’article 26 du RGPD, et indique que cette responsabilité ne devrait pas permettre l’accès aux données de patients d’un autre établissement, sauf membre de l’équipe de soins.
Portée : Points 16 et 17.
Réserve : Projet.
- CNIL : Projet de recommandation. Dossier patient informatisé (DPI) Projet soumis à consultation en 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le livret du centre de gestion de l’Ariège publie une tarification annuelle de 1 000 € pour un EHPAD.
Portée : Livret déposé en décembre 2023 selon son adresse.
Réserve : Taxes non précisées, territoire de l’Ariège, document ancien.
- Centre de gestion de l'Ariège (CDG09) : Livret RGPD CDG 09 déposé 2023-12 selon l'URL. Lu le 5 novembre 2026. Déclaration de l’éditeur.
Fait lu. Un organisme public peut partager un délégué avec d’autres organismes publics, sous convention, selon la CNIL et le RGPD.
Portée : Article 37, paragraphe 3, et article 84 du décret, lu dans le guide CNIL.
Réserve : Rattachement précis d’un établissement à vérifier.
- CNIL : Désigner un délégué à la protection des données dans une collectivité 07 février 2020. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Guide pratique RGPD. Délégués à la protection des données édition non relevée, postérieure à février 2021. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Chapitre IV - Responsable du traitement et sous-traitant date non relevée. Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
Notre avis. Les seuils du comptage et l’idée qu’un logiciel se compare plus tôt que dans une PME sont un avis éditorial ; aucun texte lu n’impose un outil.
Portée : Établissements de santé et médico-sociaux.
Réserve : Aucun logiciel essayé et aucun volume public observé.
- CNIL : Liste des types d'opérations de traitement pour lesquelles une analyse d'impact relative à la protection des données est requise Délibération n° 2018-327 du 11 octobre 2018. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Projet de recommandation. Dossier patient informatisé (DPI) Projet soumis à consultation en 2025. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.