Quand commencent les 72 heures ?
Pour qui : Vous venez de recevoir une alerte : un mail étrange, un ordinateur volé, un serveur qui se comporte mal. Vous cherchez à savoir si l’horloge a démarré, et ce qui doit être fait pendant qu’elle tourne.
Pour le Comité européen, les 72 heures commencent quand vous avez un degré raisonnable de certitude qu’un incident de sécurité a compromis des données personnelles. L’alerte seule ne déclenche pas le délai : une courte enquête est admise, à condition de la lancer aussitôt.
Le RGPD demande de notifier dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures, sauf si un risque pour les personnes est improbable. Si vous n’avez pas tout, envoyez une notification initiale et complétez ensuite. Passé ce délai, joignez les motifs du retard.
Notre avis
Nommez à l’avance la personne qui qualifie l’alerte et notez l’heure à chaque étape. Notifiez dans les 72 heures dès que le risque n’est pas écarté, quitte à compléter ensuite. N’attendez pas un dossier complet.
Pourquoi
- L’article 33 prévoit l’envoi échelonné et demande seulement de motiver un retard au-delà de 72 heures : l’incomplétude ne justifie donc pas d’attendre.
- Le Comité européen indique qu’aucune pénalité n’est liée au fait d’avoir signalé un incident qui se révèle ensuite ne pas être une violation.
- La qualification reste humaine. Un outil peut horodater et guider, sans décider qu’une certitude raisonnable est atteinte.
Ce qui change le choix
Si le risque pour les personnes est improbable, la notification n’est pas due : le Comité européen cite des données déjà publiques. Vous documentez malgré tout, avec la raison. Le risque se réévalue s’il évolue.
L’ordre à suivre
- Alerte reçue : vérification immédiate, heure notée.
- Certitude raisonnable : l’horloge démarre, évaluation du risque.
- Risque improbable : pas de notification, documentation écrite.
- Risque possible : notification sous 72 heures si possible, en plusieurs temps si besoin.
Quatre situations lues dans les lignes directrices
Ces exemples viennent du Comité européen. Ils montrent que la certitude porte sur l’atteinte aux données, sans exiger de connaître toute l’affaire.
| Situation | Point de départ |
|---|---|
| Clé USB non chiffrée perdue, sans savoir si quelqu’un l’a lue | Dès que la perte est constatée : la perte de disponibilité est certaine. |
| Un tiers signale avoir reçu par erreur les données d’un client, preuve à l’appui | À la réception de cette preuve. |
| Soupçon d’intrusion dans le réseau | Après vérification des systèmes, quand l’atteinte aux données est confirmée. |
| Demande de rançon d’un pirate | Après vérification que l’attaque est réelle. |
Le déroulé à préparer avant l’incident
Ces étapes reprennent les points 37 à 40 des lignes directrices, avec nos précisions sur les heures à consigner.
- Notez l’heure de l’alerte et la personne qui l’a reçue. Toute alerte de sécurité va vers une personne chargée de la traiter.
- Lancez la vérification tout de suite et notez l’heure de la conclusion. Point 34 : la vérification commence dès que possible et précède une enquête plus longue.
- Évaluez le risque pendant le délai : aucun, risque, risque élevé. Points 35 et 39. Risque élevé : les personnes s’informent aussi.
- Notifiez sur le téléservice de la CNIL, à l’état des connaissances, puis complétez. Article 33, paragraphe 4. La CNIL refuse les notifications hors téléservice, sauf problème technique qu’elle constate.
- Consignez l’incident, notifié ou non. Article 33, paragraphe 5.
Exemple fictif : un compte à rebours qui traverse le week-end
Exemple fictif : un mercredi à 10 heures, l’équipe confirme qu’un compte de messagerie piraté contenait des données de clients. L’horloge part à ce moment. Elle atteint 72 heures le samedi à 10 heures. L’alerte initiale, reçue le même matin à 8 heures, n’est pas le point de départ, à condition que la vérification ait commencé aussitôt et reste courte. Le Comité européen renvoie en note au règlement sur le calcul des délais, que nous n’avons pas lu : ne comptez pas sur le week-end pour gagner du temps.
Le chiffre de 96 heures reste un projet
Le mandat du Conseil de l’Union du 21 octobre 2026 sur le projet Digital Omnibus prévoit une notification limitée au risque élevé, dans les 96 heures. Le texte n’est pas adopté au 5 novembre 2026. Le droit applicable reste celui de l’article 33 : le risque comme seuil et 72 heures si possible. Si votre procédure ou votre outil affiche un autre délai, corrigez-le dès aujourd’hui.
Limites de cette page
Le point de départ se juge sur les faits, et une enquête anormalement longue peut être reprochée. Nous n’avons pas lu le règlement européen sur les délais cité en note, ni les exemples détaillés des lignes directrices 01/2021. Pour un incident en cours avec enjeu lourd, appelez votre délégué ou un conseil sans retarder la notification.
Prochaine action
Écrivez dans votre procédure à quel moment et par qui une alerte est qualifiée, avec une personne suppléante et les heures à consigner. Précisez que le risque improbable dispense de la notification, jamais de la documentation.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : l’article 33 du RGPD dans le texte publié par la CNIL ; la page CNIL sur la notification, datée du 24 mai 2018, et son document préparatoire de juillet 2023 ; les lignes directrices 9/2022 du Comité européen, version 2.0 du 28 mars 2023, points 31 à 41, 60, 75, 76 et 119 ; le mandat du Conseil du 21 octobre 2026 sur le projet Digital Omnibus.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. Le responsable notifie la violation à l’autorité dans les meilleurs délais et, si possible, 72 heures au plus tard après en avoir pris connaissance, sauf si elle n’est pas susceptible d’engendrer un risque ; au-delà, la notification est accompagnée des motifs du retard.
Portée : RGPD, article 33, paragraphe 1. Droit en vigueur au 5 novembre 2026.
Réserve : Texte reproduit par la CNIL, numéros de paragraphe rétablis.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
Déclaration de l’éditeur. Le Comité européen considère qu’un responsable prend connaissance d’une violation lorsqu’il a un degré raisonnable de certitude qu’un incident de sécurité a compromis des données personnelles.
Portée : Lignes directrices 9/2022, version 2.0, point 31.
Réserve : Doctrine, à apprécier selon les circonstances (point 33).
- CEPD/EDPB : Guidelines 9/2022 on personal data breach notification under GDPR, Version 2.0 28 mars 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le Comité européen admet une courte période d’enquête pendant laquelle le responsable peut ne pas être regardé comme ayant pris connaissance, à condition de la commencer dès que possible ; elle ne devrait durer plus longtemps que dans des cas exceptionnels.
Portée : Points 34 et 36.
Réserve : Doctrine.
- CEPD/EDPB : Guidelines 9/2022 on personal data breach notification under GDPR, Version 2.0 28 mars 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le Comité européen donne pour exemples la perte d’une clé USB non chiffrée, un tiers apportant la preuve d’une divulgation, une intrusion confirmée après vérification et une demande de rançon confirmée.
Portée : Exemples du point 33.
Réserve : Libellés resserrés.
- CEPD/EDPB : Guidelines 9/2022 on personal data breach notification under GDPR, Version 2.0 28 mars 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Les informations peuvent être communiquées de manière échelonnée si tout ne peut être fourni en même temps ; la CNIL décrit une notification initiale sous 72 heures si possible, puis une notification complémentaire.
Portée : Article 33, paragraphe 4 ; page CNIL du 24 mai 2018.
Réserve : Sans autre retard indu.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
- CNIL : Notifier une violation de données personnelles | CNIL 24 mai 2018. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le Comité européen indique qu’aucune pénalité n’est prévue pour le signalement d’un incident qui se révèle ensuite ne pas être une violation, et recommande en cas de doute de privilégier la prudence et de notifier ; la CNIL écrit aussi « en cas de doute, notifiez ».
Portée : Points 60 et 119 ; page CNIL.
Réserve : Doctrine.
- CEPD/EDPB : Guidelines 9/2022 on personal data breach notification under GDPR, Version 2.0 28 mars 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Notifier une violation de données personnelles | CNIL 24 mai 2018. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Une violation improbablement risquée pour les personnes n’a pas à être notifiée, le Comité européen citant des données déjà publiquement disponibles, mais elle se documente.
Portée : Article 33, paragraphes 1 et 5 ; points 75 et 121.
Réserve : L’exemple relève de la doctrine.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.
- CEPD/EDPB : Guidelines 9/2022 on personal data breach notification under GDPR, Version 2.0 28 mars 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Déclaration de l’éditeur. Le document préparatoire de la CNIL de juillet 2023 indique qu’en dehors d’un problème technique qu’elle constate, les notifications adressées hors du téléservice sont refusées.
Portée : Document d’aide à la préparation.
Réserve : Document pédagogique.
- CNIL : Violation de données personnelles - Document d'aide à la préparation d'une notification Juillet 2023. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Le mandat du Conseil du 21 octobre 2026 sur le projet Digital Omnibus prévoit une notification en cas de risque élevé et un délai de 96 heures ; au 5 novembre 2026, le texte n’est pas adopté et la fiche du Parlement indique « Awaiting committee decision ».
Portée : PROJET non adopté, procédure 2025/0360(COD).
Réserve : Le texte peut encore changer.
- Conseil de l'UE : 14756/26, Digital Omnibus, Mandate for negotiations with the European Parliament 22 octobre 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- Parlement européen : Procedure File: 2025/0360(COD) | Legislative Observatory | European Parliament Fiche lue le 5 novembre 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre calcul ou déduction. Dans l’exemple fictif, une prise de connaissance le mercredi à 10 heures donne une échéance de 72 heures le samedi à 10 heures.
Portée : Exemple fictif, calcul en heures consécutives.
Réserve : Règlement européen sur le calcul des délais non lu.
- CNIL : CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL Lu le 5 novembre 2026. Reproduction par un tiers, à confirmer sur le texte officiel.