Pixels dans les courriels : faut-il un consentement ?
Pour qui : Vous envoyez des campagnes ou des courriels de service depuis un outil d’envoi qui mesure les ouvertures. Vous voulez savoir lesquels demandent un consentement depuis la recommandation de la CNIL publiée le 14 avril 2026.
Oui pour un usage marketing : un pixel qui mesure individuellement l’ouverture pour piloter vos campagnes demande un consentement. L’article 82 de la loi Informatique et Libertés pose la règle, et la recommandation de la CNIL explique comment elle la lit pour les courriels.
Deux usages peuvent s’en passer : la sécurité de l’authentification et la délivrabilité stricte, seulement dans un courriel demandé par la personne ou rattaché à un service demandé. En principe, vous ne conservez alors que la date de dernière ouverture, à la journée, sans l’heure, et cette date remplace la précédente.
Notre avis
Partez du principe qu’un pixel qui sert vos statistiques de campagne demande un consentement. N’achetez pas de plateforme pour cela : vérifiez d’abord ce que votre outil d’envoi enregistre, puis adaptez vos formulaires.
Pourquoi
- La mesure du taux d’ouverture pour optimiser des campagnes, personnaliser ou adapter la fréquence figure parmi les usages soumis au consentement selon la CNIL.
- L’heure d’ouverture suffit à sortir de l’exemption de délivrabilité : la CNIL cite cet exemple.
- Anonymiser l’adresse IP après l’avoir collectée ne rattrape pas une collecte excessive.
- Un formulaire d’inscription avec une information claire peut recueillir ce choix, à condition d’en garder la trace individuelle.
Ce qui change le choix
Le type de courriel change la réponse : une confirmation d’achat sans promotion peut ouvrir l’exemption, la même confirmation avec un bloc d’offres perd son caractère transactionnel.
L’ordre à suivre
- Relance de panier, prospection sans consentement préalable, profilage : consentement, ou retirez le pixel.
- Courriel demandé et pixel réduit à la délivrabilité : exemption possible si vous pouvez le démontrer.
- Besoin d’un simple taux d’ouverture global : réutilisez des données effectivement anonymisées issues d’une collecte régulière.
- Aucun usage réel de la mesure : désactivez le pixel, sans rien acheter.
Votre réponse selon le courriel envoyé
La colonne de droite suppose que le pixel sert uniquement à la délivrabilité ou à la sécurité. Un pixel de marketing demande un consentement dans tous ces courriels.
| Courriel | Exemption possible ? |
|---|---|
| Confirmation d’achat ou de souscription, sans promotion | Oui, si les autres conditions sont remplies. |
| La même confirmation avec une offre mise en avant | Elle perd son caractère transactionnel. |
| Renouvellement d’abonnement | Oui, si les autres conditions sont remplies. |
| Information légale ou contractuelle sur le service | En principe oui. |
| Authentification, réinitialisation du mot de passe | Oui pour la sécurité, sous conditions. |
| Lettre d’information demandée expressément | Oui pour un pixel réservé à la délivrabilité. |
| Prospection envoyée sans consentement préalable, au titre des produits analogues | En principe non. |
| Relance de panier | Non, selon la CNIL. |
Trois vérifications auprès de votre outil d’envoi
Posez ces questions à votre prestataire et gardez sa réponse écrite.
- Quelles données le pixel enregistre-t-il : date, heure, adresse IP, navigateur ? En principe, seule la date de dernière ouverture est nécessaire, sauf besoin que vous pouvez documenter. Une adresse IP ou un user-agent supprimés peu après restent une collecte excessive.
- Pouvez-vous couper le suivi par destinataire et par type de courriel ? La CNIL invite les prestataires à faciliter la désactivation et la gestion différenciée des destinataires. Le choix du réglage reste le vôtre.
- Utilisez-vous ces pixels pour vos propres besoins ? Si oui, le prestataire peut être responsable conjoint avec vous. Sinon, il agit en principe comme sous-traitant. Une clause seule ne prouve pas un consentement recueilli pour votre compte.
Le 14 juillet 2026 est passé : où en sont vos anciennes adresses ?
Pour les adresses collectées avant le 14 avril 2026, la CNIL a admis que l’insertion continue si une information claire permettait de s’opposer, dans un délai de trois mois en principe. Ce délai courait jusqu’au 14 juillet 2026, avec une prolongation raisonnable si le volume ou la délivrabilité posaient une difficulté documentée.
Si vous n’avez rien envoyé, la CNIL répond : en principe, consentement quand il est requis, ou arrêt des pixels concernés. Si vous avez informé et que personne ne s’est opposé, vous pouvez continuer tant que les conditions d’envoi ne changent pas. Un nouveau consentement au courriel, pour de nouveaux partenaires par exemple, impose aussi un consentement au pixel non exempté.
Deux fausses bonnes idées
Collecter des données anonymes ou agrégées dès le terminal ne dispense pas du consentement : l’article 82 s’applique aux données personnelles ou non. En revanche, un taux d’ouverture global peut se calculer sans consentement à partir de données collectées régulièrement, puis effectivement anonymisées.
Les liens traçants ne sont pas directement couverts par cette recommandation, mais la CNIL rappelle que l’article 82 s’y applique. Si vous remplacez le pixel par un lien qui identifie le destinataire, vous déplacez donc la question sans la régler.
Où recueillir ce choix
Le choix se recueille de préférence à l’inscription, sinon par un courriel dédié qui ne contient lui-même aucun pixel soumis au consentement. La règle vaut aussi pour vos salariés. La CNIL accepte un consentement unique si la finalité est connexe au service, par exemple un bouton « Je m’abonne » à une lettre personnalisée. Elle demande en principe une trace individuelle. Après un retrait, votre système doit ignorer les requêtes liées à ce pixel. Ne pas redemander pendant six mois est selon elle une bonne pratique, sans valeur de durée légale.
Limites de cette page
Nous avons lu le document publié par la CNIL, sans la version de Légifrance. La CNIL annonce des contrôles, et aucune sanction sur ce sujet n’a été lue. Aucun outil d’envoi n’a été lu : son réglage reste à constater chez vous.
Prochaine action
Sur une campagne de test, désactivez le suivi individuel des ouvertures, puis demandez par écrit à votre prestataire quelles données le pixel conserve encore et comment il traite vos anciens destinataires. Sa réponse vous permettra de juger, type de courriel par type de courriel, si un pixel exempté reste possible.
Preuves et sources
Lu le 5 novembre 2026 : la recommandation de la CNIL sur les pixels de suivi dans les courriels (délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026), ses questions-réponses du 22 juillet 2026 et son communiqué du 14 avril 2026. Aucun outil d’envoi n’a été lu ni essayé.
Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode
Fait lu. Selon la CNIL, l’analyse du taux d’ouverture pour mesurer et optimiser les campagnes, personnaliser le contenu ou adapter la fréquence ou le canal nécessite le consentement du destinataire.
Portée : Recommandation du 12 mars 2026, partie 3.1
Réserve : Lecture de l’article 82 par la CNIL.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La CNIL estime que peuvent être exemptés les pixels utilisés exclusivement pour la sécurité de l’authentification ou pour la mesure individuelle de la délivrabilité, dans les courriels demandés par le destinataire ou rattachés à un service demandé.
Portée : Recommandation, partie 3.2
Réserve : La délivrabilité vise à adapter la fréquence ou arrêter les envois aux inactifs ; d’autres objectifs annexes sont cités.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Pixels de suivi dans les courriers électroniques : la CNIL publie ses recommandations pour mieux protéger la vie privée 14 avril 2026 ; délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. En principe, seule la date à la journée et sans l’heure de la dernière ouverture devrait être conservée, mise à jour à chaque ouverture avec suppression de la précédente.
Portée : Pixels exemptés
Réserve : Sauf besoin documenté par l’envoyeur, selon la question 7.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La CNIL indique qu’un pixel permettant de connaître l’heure d’ouverture ne remplit pas les conditions d’exemption de délivrabilité.
Portée : Question 5
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Selon la CNIL, la suppression ou l’anonymisation rapide d’une adresse IP ou d’un user-agent collectés ne permet pas de bénéficier de l’exemption.
Portée : Question 7
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La CNIL classe les confirmations d’achat, les renouvellements d’abonnement et, en principe, les informations légales parmi les courriels pouvant ouvrir l’exemption, et exclut les relances de panier.
Portée : Question 16
Réserve : Une part promotionnelle fait perdre le caractère transactionnel d’une confirmation.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Une lettre d’information demandée expressément peut ouvrir l’exemption pour un pixel réservé à la délivrabilité, ce qui n’est en principe pas le cas d’une prospection fondée sur l’exception des produits ou services analogues.
Portée : Questions 5, 15 et 17
Réserve : Évaluation au cas par cas par l’expéditeur.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Pour les adresses collectées avant le 14 avril 2026, l’information permettant de s’opposer devait en principe être envoyée avant le 14 juillet 2026, faute de quoi le consentement devient en principe nécessaire ou l’usage doit cesser.
Portée : Questions 25 à 27
Réserve : Prolongation raisonnable possible si les difficultés sont documentées.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. L’anonymisation sur le terminal ne dispense pas du consentement, mais un taux d’ouverture global peut être établi à partir de données effectivement anonymisées après une collecte régulière.
Portée : Questions 6 et 18
Réserve : Le traitement d’anonymisation reste soumis au RGPD.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Les liens traçants ne sont pas directement visés par la recommandation, mais la CNIL rappelle qu’ils relèvent de l’article 82.
Portée : Question 1
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Un prestataire qui insère des pixels exclusivement pour l’expéditeur agit comme sous-traitant, et peut être responsable conjoint s’il les utilise pour ses propres finalités.
Portée : Question 4
Réserve : Qualification au cas par cas.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. Ne pas solliciter à nouveau l’utilisateur pendant six mois constitue une bonne pratique selon la CNIL pour les pixels.
Portée : Question 24
Réserve : Bonne pratique, sans valeur de durée légale.
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Fait lu. La recommandation s’applique quel que soit le destinataire, y compris un salarié, et le responsable doit en principe conserver une trace individuelle du consentement.
Portée : Question 3 ; recommandation, partie 6
- CNIL : Questions-réponses - recommandation relative aux pixels dans les courriers électroniques de la CNIL 22 juillet 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.
Notre avis. Notre avis : ce choix se règle d’abord dans l’outil d’envoi et les formulaires, sans achat d’une plateforme de consentement.
Portée : Décision d’achat
Réserve : Un outil d’envoi qui ne permet aucune désactivation ni gestion par destinataire changerait l’analyse.
Daté du 5 novembre 2026.
Fait lu. La CNIL recommande de recueillir le consentement aux pixels au moment de la collecte de l’adresse ; à défaut, il peut être demandé par un courriel qui ne contient aucun dispositif de suivi soumis au consentement, et un recueil par une plateforme de consentement appelle une attention particulière.
Portée : Recommandation du 12 mars 2026, partie sur le recueil.
Réserve : Recommandation, sans valeur de règle impérative.
- CNIL : Recommandation relative aux pixels de suivi dans les courriers électroniques Délibération n° 2026-042 du 12 mars 2026, publiée le 14 avril 2026. Lu le 5 novembre 2026. Document d’origine.