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Quel logiciel RGPD

Cabinet libéral : que devez-vous faire, et que pouvez-vous ignorer ?

Pour qui : Vous exercez en libéral : médecin, infirmière, kinésithérapeute, dentiste ou autre profession de santé. Un démarcheur, un confrère ou une formation vous parle du RGPD. Vous voulez savoir ce qui vous concerne vraiment, sans y passer vos soirées.

En exercice individuel, vous devez tenir un registre des traitements, informer vos patients, répondre à leurs demandes et encadrer les prestataires qui accèdent à vos données. Vous pouvez laisser de côté trois choses : l’analyse d’impact pour la prise en charge, la désignation d’un DPO et les formalités auprès de la CNIL pour les soins.

N’achetez pas de logiciel RGPD. Le référentiel de la CNIL n’est pas contraignant, mais il vous donne le cadre, et le registre lui reste obligatoire.

Notre avis

Pour un cabinet individuel, n’achetez pas de logiciel RGPD. Remplissez le registre à partir du modèle du guide CNIL, puis vérifiez votre logiciel patient. Vous pouvez laisser de côté l’analyse d’impact et le DPO tant que vous restez dans ce cadre.

Pourquoi

  • La CNIL ne requiert pas d’analyse d’impact pour la prise en charge d’un patient par un professionnel de santé exerçant à titre individuel.
  • Le guide de la CNIL et de l’Ordre des médecins écrit qu’un exercice individuel ne soumet pas à l’obligation de désigner un DPO.
  • Le registre existe sous forme de modèle pré-rempli dans ce guide : votre travail consiste à l’adapter. Un logiciel de gouvernance n’ajouterait rien à ce volume, à notre avis.
  • Le vrai risque de votre situation se trouve dans le logiciel patient, l’hébergement et les accès : un outil de registre ne les traite pas.

Ce qui change le choix

Vous partagez un système d’information en cabinet groupé et approchez 10 000 patients par an : la CNIL estime qu’une analyse d’impact et un DPO devraient être nécessaires. Une recherche ou un partenariat de données change aussi le cadre.

L’ordre à suivre

  1. Professionnel à titre individuel : registre à partir du guide CNIL, rien à acheter.
  2. Cabinet groupé à système d’information commun, sous le repère de 10 000 patients par an : même base, avec un point d’attention sur la grande échelle.
  3. Cabinet groupé à système commun à partir de 10 000 patients par an : analyse d’impact et DPO, selon l’estimation de la CNIL.

Votre liste de départ, en sept lignes

Pour la durée de conservation à inscrire au registre, le référentiel propose vingt ans à compter de la dernière prise en charge : cinq ans en base active à compter de la dernière intervention sur le dossier, puis quinze ans en archives sur un support distinct. Il s’agit d’un cadre de référence, valable pour la gestion du cabinet.

Ce qui reste à faire pour un professionnel à titre individuel
À faireCommentFréquence proposée
Registre des traitementsPartez du modèle pré-rempli de l’annexe 2 du guide CNIL et Ordre des médecins. Ajoutez dossiers patients, messagerie sécurisée, télémédecine si vous l’utilisez.À chaque changement d’outil ou de prestataire.
Information des patientsNotice au cabinet : le guide donne un modèle en annexe 1.Une fois, puis à chaque changement.
Demandes d’accès au dossierPrévoyez qui répond : au plus tard huit jours après la demande et pas avant 48 heures, deux mois pour les informations de plus de cinq ans.À chaque demande.
Contrat avec vos prestatairesLogiciel, maintenance, prise de rendez-vous : contrat conforme à l’article 28 du RGPD.À chaque signature.
Hébergement du logiciel patientPrestataire certifié HDS V2.0 pour les activités numériques concernées si le logiciel ou le stockage est externalisé ; voir notre page sur l’hébergement.À la signature et au renouvellement.
Sécurité des accèsUn identifiant par personne, des mots de passe conformes aux recommandations de la CNIL, la carte de professionnel de santé ou un autre moyen à deux facteurs pour les données de santé, des sauvegardes régulières et les interventions de maintenance notées : voir la section sécurité du référentiel de la CNIL.À l’installation, puis à chaque arrivée ou départ.
IncidentsInscrivez-les dans un tableau ou dans le registre. Notifiez à la CNIL lorsqu’un risque l’exige.À chaque incident.

Ce que vous pouvez laisser de côté, et à quelle condition

Analyse d’impact : la liste de la CNIL exclut les traitements nécessaires à la prise en charge par un professionnel à titre individuel en cabinet, comme les rendez-vous, les dossiers médicaux et les ordonnances.

DPO, le délégué à la protection des données : le guide de 2018 écarte l’obligation en exercice individuel, et un considérant du RGPD ne traite pas comme grande échelle les données de patients d’un médecin seul.

Formalité auprès de la CNIL : aucune pour les soins par un membre d’une profession de santé ou une personne tenue au secret. Le traitement reste à inscrire au registre.

Ces dispenses tombent hors de la prise en charge : une étude interne à risque élevé demande une analyse d’impact, et une recherche relève de son propre cadre.

Le repère de 10 000 patients en cabinet groupé

La CNIL estime qu’une analyse d’impact et un DPO devraient être nécessaires pour des professionnels en cabinet groupé partageant un système d’information commun, à partir de 10 000 patients par an. Ce conditionnel figure dans un référentiel non contraignant : prenez-le comme un repère sérieux, sans y voir un seuil légal.

Exemple fictif : quatre kinésithérapeutes partagent un logiciel et voient chacun 2 800 patients par an, sans patient commun. Le total atteint 4 × 2 800 = 11 200 patients : le repère est dépassé. Le texte lu ne dit pas comment compter un patient vu par deux praticiens. Notre avis : comptez-le une fois et gardez la trace du calcul.

Selon le guide de 2018, l’exercice en réseau, en maison ou centre de santé, ou avec des dossiers partagés, peut aussi conduire à un DPO. Sous le repère chiffré, faites cette analyse par écrit.

Qui ne relève pas de cette page

Le référentiel exclut notamment les établissements et centres de santé, la médecine du travail ou scolaire, les pharmaciens, les laboratoires et les opticiens. Ces professions doivent consulter leur propre cadre, que nous n’avons pas lu ici.

Limites de cette page

Le guide de la CNIL et de l’Ordre date de juin 2018 et le référentiel n’est pas contraignant. Le comptage des 10 000 patients n’est pas défini dans le passage lu. Une structure en société ou un exercice mixte peuvent demander une analyse particulière, surtout près du repère : parlez-en alors à un conseil.

Prochaine action

Téléchargez le guide de la CNIL et de l’Ordre des médecins, adaptez le registre de son annexe 2 à vos outils, puis demandez à l’éditeur de votre logiciel patient la preuve de son hébergement. En cabinet groupé, comptez d’abord vos patients de l’année.

Preuves et sources

Lu le 5 novembre 2026 : le référentiel CNIL des cabinets médicaux et paramédicaux, sections 1, 2, 6, 7 et 11 ; la liste CNIL des traitements sans analyse d’impact requise (délibération du 12 septembre 2019) ; le guide CNIL et Ordre des médecins, édition de juin 2018 ; la page CNIL sur les formalités en santé, datée du 22 mai 2024. Lecture ciblée de la page ANS sur le calendrier de transition HDS V2.0 le 5 novembre 2026 pour la ligne sur l’hébergement numérique.

Chaque élément ci-dessous dit s’il s’agit d’un fait lu dans une source, d’une déclaration d’éditeur, de notre calcul, de notre méthode ou de notre avis. Aucun outil n’a été testé. Notre méthode